DECLARATION PREALABLE DE L’UNSA ADOSS A L’INC RETRAITE DU 16 OCTOBRE.
L’INC de ce jour s’ouvre dans un contexte social d’une tension rarement atteinte. Les signaux sont partout : contraintes budgétaires persistantes, situation économique dégradée, instabilité internationale, et surtout des revendications qui s’expriment dans toutes les catégories de la population… sans qu’elles ne trouvent, pour l’heure, de réponses à la hauteur. Une question traverse désormais les organisations comme les territoires : ces revendications sont-elles seulement entendues ?
Dans ce climat, les deux sujets inscrits à l’ordre du jour ne sont pas seulement techniques : ils sont au cœur de l’actualité de la branche et au cœur des préoccupations. La future COG, d’une part ; la montée des cyberattaques, d’autre part. Deux sujets qui engagent directement la capacité de nos organismes à tenir leurs missions, à protéger leurs personnels et à garantir la continuité du service public.
La COG
S’agissant de la préparation de la future COG, chacun connaît le contexte socio‑économique, inutile d’y revenir. Mais une incertitude supplémentaire pèse désormais : le contexte de la négociation après le mois de mai 2027. Une incertitude qui est tout sauf négligeable.
Mais avant de négocier la future COG, il faut d’abord achever la mise en œuvre de la COG actuelle. Or la trajectoire des ETPMA prévoit des restitutions de postes gagées sur des gains de productivité et sur des prévisions d’activité. Nous le disons avec gravité : ces hypothèses sont-elles toujours tenables ?
Les remontées de terrain nous montrent que SYRCA n’est pas en rythme de croisière. La suspension de la réforme des retraites impacte les volumes d’activité. Nous posons donc une question simple : ces constats ont-ils été intégrés dans la trajectoire des ETPMA de la branche ?
L’UNSA ADOSS rappelle avec force un principe intangible : les gains de productivité ne peuvent être restitués qu’après avoir été réalisés. Jamais avant. Et ils doivent être partagés. Les agents doivent recevoir une reconnaissance – une reconnaissance financière, entendons-nous bien – des efforts qu’ils consentent depuis des années. Ils sont las de ne pas être entendus. Les équipes de direction, elles, doivent gérer un climat social de plus en plus tendu. À force de ne pas écouter les organisations représentatives, le risque grandit de voir émerger d’autres interlocuteurs. Ce serait un affaiblissement collectif.
Le second sujet est tout aussi central : la cybercriminalité.
Les cyberattaques se multiplient, touchent désormais massivement la sphère publique et la sphère sociale. Peut-être sont-elles plus nombreuses ; peut-être sont-elles simplement plus visibles. Mais elles sont, à coup sûr, plus hardies, plus massives, plus déstabilisantes.
Au-delà des questions soulevées par le support, une interrogation essentielle demeure absente : celle de la responsabilité des gestionnaires publics. Aujourd’hui, nous parons les attaques. Les violations de données certes se multiplient, avec des effets pour l’instant « limités ». Mais que se passera-t-il le jour où ces attaques provoqueront des préjudices financiers significatifs, en plus du vol de données ?
Comment jugera-t-on les gestionnaires publics ? Sur ce qu’ils auront fait ? Sur ce qu’ils n’auront pas fait ? Sur ce qu’ils auraient dû faire ? Sur ce qu’ils auront fait et qui n’a pas produit les résultats attendus ? Cette question concerne les agents de direction, bien sûr, mais elle concerne en réalité tous les gestionnaires publics. Elle engage leur responsabilité personnelle autant que la responsabilité institutionnelle des organismes.
L’UNSA demande que cette dimension soit pleinement intégrée dans les travaux à venir. Car la sécurité numérique n’est pas qu’un sujet technique : c’est un sujet de gouvernance, de responsabilité et de protection des agents, et au-delà des assurés sociaux. C’est aussi une question de confiance dans nos outils : comment poursuivre la généralisation du numérique si les utilisateurs n’ont plus confiance en eux ?
En conclusion, dans ce contexte social tendu, nous appelons à une écoute réelle, à une prise en compte sincère des constats de terrain et à une responsabilité partagée. Les agents, les directions et les organismes ne peuvent plus avancer avec des trajectoires déconnectées de la réalité. Ils exigent lucidité, cohérence et engagement.

